Histoire, Poésie & résistance.

Juste un lien, une écoute :

Fontaine, une source de la résistance poétique (avec le poète Georges-Emmanuel Clancier)

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-poesie-et-histoire-24-2012-01-10

En avril 1939, la revue Mithra devient Fontaine, placée, depuis Alger, sous la direction de l’écrivain Max-Pol Fouchet. « Sonne l’heure de la poésie, quand sonne l’heure du mensonge », se positionne, d’emblée, Fouchet.

Fontaine s’impose comme « le porte-parole de la résistance intellectuelle » (Louis Parrot), aux côtés de Poésie 40 puis de Confluences. Max-Pol Fouchet signe le 20 juin 1940, deux jours après l’appel du général de Gaulle (qu’il n’a pas entendu), son fameux édito : « Nous ne sommes pas vaincus ». Mais Fouchet ne délaisse pas pour autant le chant profond et singulier d’un Apollinaire : Nous ne sommes pas vos ennemis/ Nous voulons nous donner de vastes et d’étranges domaines/ Où le mystère en fleurs s’offre à qui veut le cueillir (La jolie Rousse – Fontaine, avril 39).

Résister oui, mais par des moyens purement poétiques. En cela, l’esprit de  Fontaine  est conforme à celui du jeune poète Georges-Emmanuel Clancier, remarqué dans Les Cahiers du Sud. « Il ne faut pas aliéner la liberté de l’art au nom de la bonne cause », estime l’auteur du Paysan céleste, qui refuse de céder à la « facilité » de la poésie à message.

Le poète d’origine limousine devient le correspondant clandestin de la revue et s’occupe, tant bien que mal, de faire passer les textes d’Eluard et d’autres poètes à Max-Pol Fouchet, toujours à Alger.

Bombardements sur le maquis par la Royal Air Force des numéros de Fontaine avec les armes et les vivres, Rencontre de Lourmarin (1941) entre écrivains de la résistance, débats passionnés entre tenants d’une poésie de guerre et partisans d’une poésie qui n’a de cesse de chanter, même sous les coups, débat, encore, autour du numéro de Fontaine consacré à « La poésie comme exercice spirituel », livré en pleine occupation allemande… Georges-Emmanuel Clancier, à 97 ans, revient sur ces années troubles où la poésie a su renouer avec l’actualité et se réconcilier avec son lectorat.

Il est le dernier acteur vivant de ce que l’on a appelé la résistance poétique, et dont les figures majeures sont Aragon, Eluard, Emmanuel ou Char.

 

Lectures de poèmes de Georges-Emmanuel Clancier, Pierre Emmanuel, Aragon, Paul Eluard, et la voix de Max-Pol Fouchet (archives INA).

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