art résistance

La première question que je me dis est “qu’est-ce que c’est que cette histoire de “art résistance””, résistance de quoi, de qui, contre qui ou quoi.

Il y a résistance lorsque l’on est agressé en réponse à un envahisseur. J’ai évoqué la situation lors de l’occupation, la résistance à l’appel de De Gaule dont tout le monde là-haut se réclame aujourd’hui (et dont je me fous pas mal) mais combien est ou serait entré en résistance. Qui aujourd’hui serait capable d’en faire autant.

Et moi qu’aurais-je fait, les armes ?

Je ne crois pas mais certainement des faux en tout genre (papiers, tampons, photographies…) les premiers pas de l’artiste.

Ensuite vient le souvenir de cette phrase de culture et de pistolet, qui a parlé de cela ? Je cherche.

Le 20 avril 1933 date anniversaire de Hitler tout droit sortit de la pièce de théâtre “schlageter” de Hanns Johst on entend: « Wenn ich Kultur höre… entsichere ich meinen Browning » (Quand j’entends le mot culture [ou civilisation]…enlève le cran de sûreté de mon Browning). Attribué à tort à Goebbels et traduit par “Quand j’entends le mot culture, je sors mon pistolet “ L’arme se retourne.

Nous voilà à l’art, le pauvre art, qu’est-ce qu’on lui demande, que lui arrive-t-il ?.

Qu’est-ce qu’un artiste aujourd’hui ?.

Il n’y a pas un art, j’en vois au moins deux. L’art contemporain des gens comme moi qui produit sans reconnaissance et l’art contemporain de gens comme eux que l’on devra appeler officiel : celui de l’institution reconnue par l’état, acheté, vendu, spéculé par les collectionneurs et ses amis politiques. Est-ce le rôle de l’art de résister ? Ce n’est que trop d’honneur, l’art n’est que le reflet de la société. C’est plus facile d’accrocher une peinture dans son salon ou bien de collectionner les photos même “dérangeantes” que de prendre les armes.

La résistance aujourd’hui pourrait venir des chiffres 1,0…, les hackers en ont les moyens, mais ils ne l’utilisent en majorité que pour détourner de l’argent. Perdu.

L’argent encore.

Sortir du marché ou du moins ne pas y entrer, à partir du moment où il y a spéculations, il y mort de l’art. C’est bien beau tu me diras et tu cites Cattelan devant la bourse de Milan. Il n’est que le fou du roi (quelle que soit la qualité de ses oeuvres comme pour tout le monde aujourd’hui) il amuse les grands bourgeois ceux-là mêmes qui le collectionnent. Il alimente le Marché de Merde, il est au service du Marché de Merde, ce n’est évidemment pas un acte de résistance (pas plus que notre Ben national au passage). Ne parle-t-on pas du Marché de l’art. Encore perdu.

L’art est une démarche personnelle qui devrait se tenir éloignée loin, très loin de l’argent car l’homme n’a pas de satiété d’argent, il n’a pas de limite à la possession (François Pinault et les clones collectionneurs grands milliardaires).

Je n’ai d’ambition que de vivre heureux dans la Cité, faire les choses bien, d’en tirer “bénéfice” au sens étymologique.

Évidemment, il y a eu dans l’histoire de l’Art des oeuvres qui ont compté politiquement mais qui sont à l’état de témoin de l’histoire et de garde-fou (Guernica Picasso, les désastres de la guerre Goya, …) mais le débat est ouvert et moi comme à l’habitude en peinture, je prends du recul pour mieux voir. Alors peut-être que la Cité dont on peut rêver ne craquera pas et que les artistes ne seront plus des malins au service du grand C…

Voilà à quoi je pensais ces jours-ci au boulot alors que j’aurais préféré être à l’atelier.

Bises,

Bien à toi.

philippe

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